Deux nouvelles stratégies énergétiques pour une Europe propre  11/12/2020

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Le 8 juillet dernier la Commission européenne a présenté sa stratégie sur l’hydrogène et celle sur l’intégration du système énergétique. La seconde vise à accélérer la transition vers un système énergétique plus intégré, à l’appui de l’énergie propre et d’une économie neutre pour le climat en concentrant son action sur : un système qui fait primer l’efficacité énergétique, l’utilisation d’une électricité plus propre à partir de sources d’énergies renouvelables et la promotion des carburants renouvelables et à faibles émissions de carbone (biomasse durable et biocarburants, hydrogène renouvelable et carburants de synthèse). Cette stratégie doit également porter les secteurs dans lesquels l’Europe dispose d’un savoir-faire de pointe, et ainsi soutenir ces secteurs d’excellence : chauffage urbain; réseaux et appareils intelligents; outils numériques destinés à favoriser l’intégration des véhicules électriques; approvisionnement en hydrogène et les équipements axés à la demande. La stratégie sur l’hydrogène constitue un élément crucial dans la mise en œuvre de la stratégie précédente, du fait de ses nombreuses applications notamment dans les secteurs les plus difficiles à décarboner, et dans l’atteinte des objectifs environnementaux ambitieux du Pacte Vert pour l’Europe.

Il s’agit à ce titre d’une priorité dont les investissements nécessaires sont estimés entre 180 et 470 milliards d’euros, avec un phasage en trois temps :

  • 2020 à 2024 : installation de l’équivalent de 6GW d’électrolyseurs pour générer 1 million de tonnes d’hydrogène renouvelable.
  • 2025 et 2030 installation d’au moins 40GW d’électrolyseurs dans le but de produire 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable. D’ici là, le coût de l’hydrogène devrait devenir plus compétitif. D’ici 2030, l’Union Européenne estime qu’entre 320 et 458 milliards d’euros seront investis sur cette période.
  • 2030 jusqu’en 2050 : émergence de solution pour décarboner les secteurs les plus ambitieux et déploiement à grande échelle des technologies basées sur l’hydrogène.

La Commission mise sur un programme d’investissement exploitant les synergies entre les investissements publics et privés, entre les différents fonds de l’UE et les financements de la BEI : dans le cadre du nouvel instrument de relance « Next Generation EU », notamment le programme InvestEU. La nouvelle stratégie de financement durable qui doit être adoptée d’ici à la fin de 2020 et la taxonomie du financement durable devront guider les investissements dans l’hydrogène dans les principaux secteurs économiques en promouvant des activités et des projets qui contribueront de manière substantielle à la décarbonisation. En outre, le Fonds européen de développement régional, qui bénéficiera d’un complément dans le cadre de la nouvelle initiative REACT-EU, continuera à être disponible pour soutenir la transition verte. Cette stratégie met l’accent sur la stimulation de la demande et de la production, comme par exemple l’électrification de la mobilité – bus, trains, ferry, véhicules lourds -, l’utilisation de l’hydrogène au niveau industriel – notamment dans les raffineries, la sidérurgie -, ainsi que probablement la création de nouvelles politiques de soutien au niveau de la demande. De nouvelles infrastructures devront également être mises en place, aussi bien au niveau du transport qu’au niveau du stockage. Besoins qui dépendront en fin de compte de la production, de la demande et des coûts de transport de l’hydrogène et sont liés aux différentes phases de développement de la production d’hydrogène, qui augmentera sensiblement après 2024. Dans la seconde phase de la stratégie, des réseaux locaux d’hydrogène pourraient émerger. Le réseau transeuropéen pour l’énergie (TEN-E) sera également revu, ainsi que le réseau transeuropéen pour les transports (TEN-T) en ce sens.

La mobilisation de la recherche et l’innovation, sera un élément essentiel, que ce soit en matière de développement d’électrolyseurs plus puissants, au niveau des infrastructures, de l’utilisation finale ou encore de la définition des différents impacts environnementaux tout au long du cycle de vie. Dans le cadre du fonds pour l’innovation d’un montant de 10 milliards d’euros pour la recherche sur les technologies faibles en carbone, sur la période de 2020 à 2030, un premier appel a été lancé en juillet 2020.