Santé : l’Union monte au créneau avec 5,1 milliards d’euros  14/12/2020

Santé : l’Union monte au créneau avec 5,1 milliards d’euros

Même si la santé est avant tout un sujet de compétence nationale, les Etats membres reconnaissent la nécessité d’assurer une coordination et un appui au niveau européen. Afin d’assurer une efficacité sur le long terme, l’Union européenne assure une programmation pluriannuelle de ses actions en matière de santé. Le programme santé 2014-2020 touchant à sa fin, l’Union prépare actuellement la suite avec le programme « UE pour la santé » pour la période 2021-2027.

Lors de sa dernière session plénière, vendredi 13 novembre, le Parlement européen a adopté sa position sur ce programme « UE pour la Santé ». Le budget prévu atteint désormais 5,1 milliards d’euros, soit le triple de la somme proposée par les Etats membres en juillet dernier et le décuple de la somme allouée au précédent programme sur la période 2014-2020. Le programme vise à améliorer la santé dans l’Union en soutenant les politiques de santé et la prévention des maladies, en réduisant les inégalités en matière de santé et en assurant un accès égal et complet aux soins. Parmi les priorités du programme, nous retrouvons une coopération transfrontalière renforcée, la numérisation des services de santé mais également la réduction de la dépendance de l’Union européenne pour l’approvisionnement en médicaments et autres produits indispensables. La coopération entre régions frontalières sera un axe important du programme et, dans ce cadre, des synergies seront également recherchées avec le programme Interreg. En effet, ce dernier couvre déjà la coopération transfrontière et contribue à faciliter la mobilité transfrontalière des patients et des professionnels de la santé, ainsi que la mutualisation d’équipements, de services partagés et d’installations conjointes dans les régions transfrontalières.

Dans le Grand Est, la coopération avec les pays voisins est déjà très forte et s’illustre par exemple par la convention « Mosar » entre la Moselle et la Sarre. Cet accord permet aux patients de Sarre et de Moselle de se faire soigner à l’hôpital le plus proche pour trois catégories de soins : les polytraumatismes, les urgences chirurgicales et la cardiologie. Au-delà de cette convention, la région compte deux zones organisées de soins transfrontaliers (ZOAST), l’une au niveau du « Pays Haut » lorrain touchant la frontière belge et luxembourgeoise et l’autre dans les Ardennes, ainsi qu’un projet de coopération transfrontalier dans le Rhin supérieur baptisé « Trisan ».

Comme mentionné précédemment, une grande partie du programme est dédiée à la transformation numérique des services de santé, en synergie avec le programme Europe Numérique, avec notamment les projets suivant.

  • Création d’un portail de communication pour le public qui pourrait comprendre des informations, des campagnes de prévention et des programmes éducatifs mais aussi promouvoir la couverture vaccinale
  • Mise en place et déploiement à plus grande échelle des services de santé en ligne (téléconsultations) et réduction ainsi des trajets inutiles
  • Création d’un espace européen des données de santé et d’un dossier médical électronique européen
  • Amélioration de l’accessibilité, de la disponibilité et de la qualité des soins, en augmentant la quantité de données mises à la disposition des patients et des professionnels de la santé

Le Grand Est travaille déjà activement sur cette problématique, comme le montre le lancement de la plateforme en ligne Inesia. Opérationnelle depuis septembre, elle se décrit comme un « écosystème santé », unique en Europe, et est portée notamment par l’Université de Strasbourg, l’agence d’innovation et de prospection Grand E-nov+, la CCI Alsace métropole et le pôle de compétitivité Biovalley.

D’autres problématiques sont également citées comme la dépendance de l’UE sur certains produits médicaux, la lutte contre le cancer et autres maladies non transmissibles (obésité, dépression…), les impacts sanitaires du réchauffement climatique, la résistance antimicrobienne, et la résistance face au vaccin.

Le Parlement européen est maintenant prêt à entamer les négociations avec les États membres afin que le programme puisse être mis en œuvre dès le début de l’année 2021.

Documents :

Proposition initiale de la Commission européenne du 28 mai 2020 (+ annexe)

Position du Parlement européen du 13 novembre 2020