EPICUR, le Partenariat européen pour un campus innovant unifiant les régions, dont sont membres l’Université de Haute Alsace et l’Université de Strasbourg (coordinatrice de l’alliance), entame une nouvelle phase de développement stratégique à partir de l’année universitaire 2026-2027. L’alliance consolide ses fondements académiques tout en étendant son influence européenne à l’Espagne, l’Italie et la Suisse.
Fondé en 2019, EPICUR rassemble des universités historiques et de recherche de premier plan qui ont façonné le savoir européen pendant des siècles.
Une alliance qui s’élargit en Europe
À partir de 2026-2027, EPICUR accueillera trois nouvelles universités partenaires : l’Université Pablo de Olavide (Espagne), l’Université Roma Tre (Italie) et l’Université de Bâle (Suisse).
L’Université Pablo de Olavide, fondée en 1997 et plus jeune université publique du sud de l’Espagne, et l’Université Roma Tre, créée en 1992, apportent un fort ancrage régional en Europe du Sud et des profils interdisciplinaires dynamiques, enrichissant ainsi la diversité et la capacité d’innovation d’EPICUR. L’Université de Bâle, fondée en 1460 et plus ancienne université de Suisse, apporte une longue tradition d’excellence en recherche.
Son intégration renforce la profondeur académique de l’alliance, consolide sa présence en Europe du Sud et renforce la coopération bilatérale au sein de l’écosystème transfrontalier du Haut-Rhin.
Avec sa nouvelle configuration, EPICUR rassemble 280 000 étudiants, 29 000 enseignants-chercheurs et 17 000 personnels administratifs dans 9 pays et 7 langues européennes, en plus de l’anglais, consolidant ainsi sa position de communauté universitaire européenne forte et diversifiée. L’Alliance entend poursuivre son ambition de devenir une Confédération d’universités, en renforçant la coopération structurelle dans les domaines de l’éducation, de la recherche, de l’innovation et de l’impact sociétal. En interconnectant les écosystèmes d’innovation régionaux et en consolidant ses cadres communs, l’Alliance affirme son rôle d’acteur mature et crédible au sein d’une dynamique renouvelée, contribuant à la résilience, à la capacité d’innovation et à la cohésion sociale de l’Europe dans le cadre de l’Initiative des universités européennes.
En savoir plus : https://epicur.edu.eu/
C’est dans cette configuration qu’EPICUR vient de déposer sa candidature à l’appel à propositions Erasmus+ « Universités européennes » pour une prolongation de deux ans de son projet.
Exemples d’actions soutenues par l’alliance EPICUR
Dans le cadre du deuxième appel Seed Funding de l’alliance d’universités européennes EPICUR, cinq projets ont été sélectionnés parmi 31 candidatures, impliquant plusieurs universités partenaires, dont l’Université de Strasbourg. Ces lauréats reçoivent un fond d’amorçage pour un projet à impact sociétal à ses prémices avec l’objectif de le développer puis de candidater à des financements européens plus importants à l’avenir. Ces projets émergents allient fortement recherche et formation et sont constitués d’équipes interdisciplinaires de différents pays. Les projets lauréats se déploient dans les domaines de la thanatologie, la chimie thérapeutique, la robotique souple et les plastiques biosourcés.
L’appel Seed Funding 2025 d’EPICUR a mobilisé plus de 270 chercheurs et un budget total de 750 000 € réparti entre les institutions. Sur 37 projets d’excellence, cinq ont pu être retenus, soit un taux de succès de 16 %. L’objectif de ce fond est d’amorcer des collaborations transnationales sur des thèmes émergents, qui nécessitent de premiers résultats et preuves de concept pour prendre de l’ampleur. Fortement interdisciplinaires, ces projets croisent recherche internationale de très haut niveau avec des projets de formation innovants et ambitieux ouvrant la délivrance d’ECTS au sein de l’alliance EPICUR, des cours en open-access, des séminaires transnationaux, des écoles d’été, des symposiums et échanges d’étudiants… Des enseignements par la recherche pour amener des communautés larges d’étudiants à appréhender des thèmes à la frontière des connaissances et à impact sociétal important.
Focus sur trois projets impliquant l’Université de Strasbourg :
DIGNITY EU – Thanatologie, dignité, euthanasie et soins spirituels
La thanatologie désigne l’étude de la mort et de la fin de vie, tant sur les aspects biologiques, sociologiques, culturels que médico‑légaux. Le projet DIGNITY‑EU impulse les prémices d’un corpus européen du « mourir » autour de la dignité, de l’euthanasie et des soins spirituels. Les porteurs le nomment « littéracie de la mort », une matrice qui aborderait à la fois les savoirs, les pratiques, les croyances, les représentations et les fantasmes. Première étape de ce projet ambitieux et de long terme : réunir des spécialistes allemands, danois et français de toutes les disciplines — psychologie, médecine, professions du soin, théologie, humanités, éthique — dans des universités d’été européennes, puis produire des articles de recherche s’appuyant sur les données du NERSH, le réseau international de recherche autour de la spiritualité et de la santé.
Les partenaires sont : Southern Denmark University (Danemark), Université de Strasbourg, University of Freiburg (Allemagne)
Contact Unistra : Marie-Frédérique Bacqué, professeure à l’Université de Strasbourg, Laboratoire « Subjectivité, lien social et modernité » de l’Université de Strasbourg,
SMILE – Matériaux intelligents et robotique souple
Dans la nature, tous les organismes vivants ont la faculté de s’adapter et interagir avec leur environnement avec de manière complexe, même pour de formes élémentaires d’intelligence. Le terme « physical intelligence » désigne cette capacité d’adaptation de la matière, vivante ou non, des matériaux, et des structures, grâce à des propriété physique complexes et dites « non linéaire ». Le projet SMILE est précurseur de la rencontre entre ce domaine émergent de la physique de la matière molle et la robotique souple. Kirigami, métamatériaux, mousses et émulsions sont autant de matériaux explorés pour mimer ce comportement du vivant. A travers une recherche très exploratoire, des cours et des programmes d’échange d’étudiants, l’objectif du projet est l’émergence de nouveaux concepts pour la robotique souple.
Les partenaires sont : University of Freiburg (Allemagne), Southern Denmark University (Danemark), University of Amsterdam (Pays-Bas), Université de Strasbourg
Contact Unistra : Aurélie Hourlier Fargette, chargée de recherche CNRS, Institut Charles Sadron du CNRS,
HYDRA POM – Thérapies innovantes contre le cancer
HYDRA POM explore des stratégies innovantes de thérapies anticancéreuses avec des effets indésirables réduits grâce à des hybrides polyoxométallates (POM) redox- et photo-actifs. Le projet combine les expertises internationales d’équipes polonaises, grecques et françaises autour de la synthèse des POM, la conception de ligands photo-actif, l’équivalent de tête chercheuses greffée aux extrémités des POM, et la caractérisation électrochimique. Ces compétences mise en commun offrent des perspectives pour initier une nouvelle gamme de médicaments de type « metallodrugs », qui représentent aujourd’hui un pan important des stratégies de thérapie anticancéreuses, les POM permettraient de réduire la toxicité, défi majeur pour cette gamme de médicament.
Les partenaires sont : Adam Mickiewicz University (Pologne), Aristotle University of Thessaloniki (Grèce), Université de Strasbourg
Contact Unistra : Artur Ciesielski, Directeur de recherche CNRS, Institut des Science et d’Ingénierie Supramoléculaires (Université de Strasbourg/CNRS),
En savoir plus : https://www.unistra.fr/fr/node/7759
Cet article est une contribution de l’Université de Strasbourg.

